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Prise de position du 1.2.2024
 

Un soutien pérenne à l’UNRWA est indispensable

Alors que l’UNRWA, l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, est actuellement critiquée de toute part, nous affirmons en tant que Forum pour les droits humains en Israël/Palestine que l’assistance qu’elle déploie dans quatre pays du Proche-Orient, à commencer par l’aide humanitaire vitale qu’elle achemine et distribue dans la bande Gaza au mieux de ses capacités, doit être préservée et garantie financièrement sur la durée.

Nous saluons les investigations ouvertes par le management de l’UNRWA sur les agissements présumés de certains de ses employés durant et autour des actes terroristes du 7 octobre sur le territoire israélien. Il est primordial pour toute organisation de s’assurer que son système de controlling interne est fiable afin de garantir sa crédibilité et le financement de son travail à long terme.

Mais nous condamnons la décision spontanée d’une douzaine de pays donateurs de suspendre leurs financements destinés à l’agence uniquement sur la base d’accusations portant sur un petit groupe de collaborateurs. 

Alors que la catastrophe humanitaire dans la bande de Gaza choque le monde entier, la suspension des financements aura une incidence sur l’aide apportée par l’UNRWA à plus de deux millions de civils – des enfants pour plus de la moitié – qui en dépendent pour survivre. Nous condamnons l’irresponsabilité de ce qui deviendrait une «punition collective» des habitant⋅e⋅s de la bande de Gaza pour reprendre les termes du directeur général de l’UNRWA, le Suisse Philippe Lazzarini. Les suspensions de financement annoncées contreviendraient en outre aux mesures conservatoires ordonnées par la Cour internationale de justice (CIJ) le 26 janvier dernier, parmi lesquelles figure la mise en place de «mesures immédiates et efficaces pour permettre la fourniture de services de base et d’aide humanitaire aux Palestiniens de la bande de Gaza».

L'UNRWA est la plus importante agence humanitaire dans la bande de Gaza et l’ampleur de l’aide apportée par cette dernière ne peut pas actuellement être fournie par d'autres agences travaillant sur place. Rediriger les fonds vers d'autres acteurs ne saurait pallier l'effondrement du système humanitaire à Gaza qui résulterait d'une suspension des fonds alloués à l'UNRWA. La surenchère à l'œuvre dans les propos tenus par des représentants du gouvernement israélien à l'encontre de l’UNRWA est, dans ce contexte, irresponsable.

Nous saluons l’initiative de la Commission de politique extérieure du Conseil national d’inviter M. Phillipe Lazzarini pour un entretien approfondi le 25 mars prochain à Berne. Tant que le fonctionnement de l’UNRWA dans son ensemble n’est pas incriminé, la Suisse n’a aucune raison de retarder les contributions financières qu’elle s’est engagée à verser à l’agence.

Cinq raisons de ne pas laisser tomber l’UNRWA en lui retirant ses financements:

  • Les communications qui ont conduit aux suspensions de financements se référaient à quelque 12 employés de l’UNRWA qui auraient participé aux attaques du 7 octobre. Si cela est confirmé, ces derniers devront être poursuivis pénalement. Mais il s’agit de 12 personnes sur un total de 13’000 employé⋅e⋅s de l’UNRWA dans la bande de Gaza.

  • Actuellement, alors qu’ils sont victimes des bombardements incessants de l’armée israélienne, «deux millions de civils à Gaza dépendent de l'aide critique de l'UNRWA pour leur survie au quotidien.» Ce sont les mots du Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.

  • Dans les faits, il n’y a pas d’alternative à l’UNRWA à court et moyen terme pour assurer l’acheminement massif d’aide humanitaire dont les Gazaouis ont actuellement besoin. La connaissance du terrain et les infrastructures gérées par l’agence rendent cette dernière indispensable. L’UNRWA est une agence professionnelle. Elle est pilotée par un management extrêmement rigoureux (avec le Suisse Philippe Lazzarini à sa tête) et elle est soumise à des contrôles internes et externes réguliers.

  • En temps normal et de manière générale, grâce à tous les services de base qu’elle assure, l’UNRWA contribue à la stabilité dans une région aux abois. Limiter les financements alloués à l’UNRWA, c’est donc prendre le risque d’embrasements incontrôlables dans plusieurs pays du Proche-Orient.

  • Les accusations portées contre l'UNRWA (plus que contre toute autre organisation des Nations unies) doivent toujours être considérées à la lumière des agendas politiques en temps de guerre. Une guerre se livre aussi, de part et d’autre, sur le terrain de la communication par le biais de diffamations ciblées. Seul un examen indépendant des accusations formulées permet de traiter ces dernières de manière crédible.

Lettre au Conseil fédéral du 23.1.2024

La Suisse doit prendre des mesures pour empêcher de nouvelles violations du droit international et pour protéger la population civile à Gaza

                    

Au vu de la crise humanitaire qui s'aggrave de jour en jour dans la bande de Gaza et face au danger qu’un nettoyage ethnique voire un génocide soit en cours, le Forum pour les droits humains en Israël/Palestine, une coalition de 13 organisations non gouvernementales suisses, s'adresse au Conseil fédéral. Nous demandons à la Suisse d'assumer ses obligations en tant qu'Etat signataire de la Convention de l'ONU pour la prévention et la répression du crime de génocide et Etat dépositaire des Conventions de Genève, et d'œuvrer résolument en faveur d'un cessez-le-feu illimité.

Ces dernières semaines et ces derniers jours, plusieurs organisations internationales ont publié des rapports et des déclarations qui mettent en évidence la situation de danger de mort dans laquelle se trouve la population civile de la bande de Gaza. Elles ont mis en en garde contre le fait que la situation s'aggrave de jour en jour, sous réserve qu'Israël offre au plus vite un accès amélioré et sûr à l'aide humanitaire et permette un approvisionnement suffisant de la population. D’après le Programme alimentaire mondial (PAM), l'ensemble de la population de Gaza est aujourd'hui menacé par une crise alimentaire aiguë, la moitié des habitant⸱e⸱s se trouvant déjà dans une situation d'urgence.

Selon les rapports du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (UNOCHA), 85% de la population de Gaza a été déplacée à l'intérieur du territoire suite à des attaques israéliennes ou à des ordres d'évacuation (souvent multiples). Ces personnes déplacées vivent désormais à l'étroit dans des abris improvisés, ce qui augmente les risques de maladies. En outre, il est particulièrement alarmant de constater que plusieurs membres du gouvernement israélien ont à plusieurs reprises déshumanisé verbalement les Palestinien⸱ne⸱s ou appelé à la destruction totale de la bande de Gaza et à la réinstallation de la population palestinienne dans des pays tiers.

Dans ce contexte, huit envoyés spéciaux de l'ONU ont publié le 16 janvier dernier une déclaration commune dans laquelle ils⸱elles mettent en garde contre un risque de génocide. D’autres experts renommés comme Omer Bartov, spécialiste israélo-américain de l'Holocauste, reconnaissent également des signes clairs de nettoyage ethnique et insistent qu'il faut agir avant que la situation ne se transforme en génocide. La Convention de l'ONU pour la prévention et la répression du crime de génocide, signée par la Suisse, définit notamment comme génocide le fait «d'imposer intentionnellement au groupe des conditions de vie de nature à entraîner sa destruction physique totale ou partielle»; elle oblige les États signataires à prévenir et à punir les actes de génocide.

Le Forum pour les droits humains est profondément préoccupé par la situation dramatique à Gaza et demande à la Suisse de prendre au sérieux les mises en garde contre un génocide et le risque d'un nettoyage ethnique qui ont pu être exprimées. Il demande à la Suisse d'assumer ses obligations vis-à-vis du droit international et de prendre des mesures contre les risques évoqués.

Le 12 janvier dernier, la Suisse a rappelé au Conseil de sécurité de l'ONU que les Conventions de Genève interdisent les déplacements forcés de population et que de tels déplacements constituent un crime de guerre. Elle a également condamné les appels à l'expulsion de civils du Territoire palestinien occupé et a souligné la nécessité d'un cessez-le-feu humanitaire durable. Le Forum se réjouit de cette intervention.

Au vu de la situation dramatique, nous estimons que les mesures supplémentaires suivantes sont nécessaires et urgentes:   

  •  La Suisse doit s'engager résolument et publiquement, au sein et en dehors du Conseil de sécurité de l'ONU, en faveur d'un cessez-le-feu durable et accroître sur le plan bilatéral la pression exercée sur les parties au conflit pour qu'elles cessent les hostilités. Seul un cessez-le-feu permettra aux habitant⸱e⸱s de la bande de Gaza de recevoir de l'aide humanitaire vitale et d'éviter une aggravation de la catastrophe humanitaire en cours.

  • En se référant à son obligation au regard du droit international de prévenir et de punir un éventuel génocide, l'Afrique du Sud a accusé Israël de génocide contre les Palestinien⸱ne⸱s de la bande de Gaza devant la Cour internationale de justice des Nations Unies (CIJ). L’Afrique du Sud a demandé à la CIJ de prendre des «mesures conservatoires» pour mettre fin immédiatement aux actes de guerre dans l’intention de prévenir ou d'empêcher un éventuel génocide pendant la durée de la procédure. Nous demandons à la Suisse en tant qu'Etat signataire de la Convention de l'ONU pour la prévention et la répression du crime de génocide de soutenir la CIJ dans la procédure en ouverte au besoin. Nous demandons également à la Suisse d’appuyer la demande de l'Afrique du Sud que des «mesures conservatoires» soient ordonnées pour prévenir un génocide.

  •  Plusieurs Etats parties aux Conventions de Genève appellent la Suisse, en tant qu'Etat dépositaire, à convoquer d'urgence une Conférence de Hautes Parties contractantes aux Conventions de Genève afin de discuter des violations systématiques observées sur le terrain, en particulier des violations de la quatrième Convention de Genève sur la nécessaire protection de la population civile commises durant la guerre à Gaza. Le Forum pour les droits humains en Israël/Palestine soutient cette demande dans la mesure où toutes les parties au conflit auront à répondre des violations des Conventions de Genève. 

https://www.ipcinfo.org/ipcinfo-website/alerts-archive/issue-94/en/

https://www.ohchr.org/en/press-releases/2024/01/over-one-hundred-days-war-israel-destroying-gazas-food-system-and

 

https://www.nytimes.com/2023/11/10/opinion/israel-gaza-genocide-war.html

https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/2002/358/de?print=true

https://www.eda.admin.ch/eda/de/home/das-eda/aktuell/newsuebersicht/2023/uno-sicherheitsrat.html

Lettre ouverte au Conseil fédéral du 17.11.2023

Lettre ouverte au Conseil fédéral concernant l'influence présumée d'organisations de lobbying israéliennes sur la décision du DFAE de suspendre le financement d'organisations partenaires de longue date en Israël/Palestine

                    

Au Conseil fédéral

                                  

Le 25 octobre, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) annonçait sa décision de suspendre son soutien financier à onze ONG palestiniennes et israéliennes «en raison de la nouvelle situation qui prévaut depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre et la reprise des hostilités au Proche-Orient».

 

Sans raison apparente et avant d’avoir procédé à un examen au cas par cas, le DFAE a affaibli des organisations partenaires de longue date qui s'engagent pour le respect des droits humains et la protection de la population civile, y compris actuellement face à la récente escalade de la violence en Israël/Palestine. Certaines des organisations concernées avaient conclu récemment un processus d'évaluation externe de leurs activités. Le rapport en question, daté du 20 août 2023, indiquait: «The evaluation team recommends that SDC continue its core support to these eight partners. These are good organizations doing excellent work.»

 

La suspension des financements et la diffusion publique d’une liste des organisations concernées ont eu pour conséquence de nuire largement à leur réputation, en particulier dans le contexte polarisé actuel. La condamnation de facto par anticipation des organisations a envoyé un signal négatif à d'autres bailleurs de fonds. Certaines organisations cosignataires de cette lettre ont été sommées par des institutions suisses de renom de signaler d’éventuelles coopérations qu’elles entretiendraient avec l’une ou l’autre des organisations locales incriminées. En retirant préventivement sa confiance à des organisations partenaires de longue date, le DFAE a également porté atteinte à la réputation de la Suisse en tant que partenaire fiable dans la coopération internationale. Jusqu'à ce jour, le DFAE n'a donné aucune explication objective et compréhensible pour des personnes extérieures au dossier sur les raisons qui ont conduit à sa décision lourde de conséquences. La conférence de presse du 1er novembre donnée par le conseiller fédéral Cassis et l'ambassadrice Maya Tissafi n'a pas permis de savoir ce qui est concrètement reproché aux organisations concernées. Le Forum pour les droits humains en Israël/Palestine, cosignataire de la présente lettre, n’a pas non plus obtenu de réponses claires à une demande de renseignements formulée par écrit, la Division Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) du DFAE indiquant en tout et pour tout que « le DFAE dispos(e) d'informations externes selon lesquelles (les organisations concernées) auraient enfreint le code de conduite ou la clause anti-discrimination du DFAE ». Le contenu et les sources des informations mentionnées restent à ce jour obscurs.

 

Le 14 novembre, la RTS a diffusé un reportage laissant clairement entendre que les "informations externes" auxquelles le DFAE fait référence proviendraient de l'organisation de lobbying israélienne "NGO Monitor". Depuis sa création en 2001, celle-ci poursuit un agenda nationaliste de droite ayant pour but de diffamer acteurs·trices et organisations de la société civile en Israël/Palestine « qui recourent aux instruments et au langage des "droits humains" et du "droit international" pour isoler Israël » («who are using the instruments and language of “human rights” and “international law” to isolate Israel»).

 

L’enquête de la RTS a révélé la tenue d'une rencontre le 20 septembre 2023 à Berne entre Maya Tissafi, cheffe de la Taskforce Proche-Orient du DFAE, Simon Geissbühler, chef de la Division Paix et droits de l'homme du DFAE, et un représentant de l’organisation "NGO Monitor". Sur son site Internet, cette dernière qualifie la décision prise par le DFAE à l’encontre des 11 ONG israéliennes et palestiniennes de «grande percée » et confirme: «this comes weeks after NGO Monitor Senior Researcher Shaun Sacks met with Swiss MPs and officials in Bern, and provided evidence on the damage resulting from funding for these NGOs». Après les atrocités commises par le Hamas le 7 octobre, "NGO Monitor" a publié une "liste noire" d'ONG accusées d’avoir "glorifié la violence du Hamas", et selon la RTS, les 11 ONG dont le DFAE a suspendu le financement y figuraient, avant que "NGO Monitor" ne raccourcisse la liste dans un deuxième temps.

 

"NGO Monitor", comme d’autres organisations de lobbying israéliennes d’ailleurs, opère depuis de nombreuses années en Suisse et tente d'influencer la politique suisse au Proche-Orient par le biais de parlementaires ou auprès du DFAE directement. Pourtant, l'agenda nationaliste de droite de "NGO Monitor" est diamétralement opposé à la politique officielle de la Confédération au Proche-Orient, et les campagnes de diffamation de l’organisation reposent en grande partie sur des affirmations sans fondement. D’imaginer que "NGO Monitor" serait la source des "informations externes" susmentionnées irrite donc fortement les signataires de cette lettre.

 

En tant que signataires de cette lettre ouverte, nous demandons dès lors au Conseil fédéral de faire preuve d'une transparence totale sur les raisons qui l’ont poussé à décider de suspendre le financement de onze organisations israéliennes et palestiniennes, partenaires de la DDC et de la Division Paix et Droits de l’homme de longue date et régulièrement contrôlées.

 

Nous demandons, en outre, au DFAE de maintenir le financement accordé à ces onze organisations partenaires en Israël et dans le Territoire palestinien occupé tant qu'il n'existe pas de motif de suspension fondé et publiquement justifié. L'évaluation des organisations de la société civile actives au Proche-Orient doit se faire sur la base de critères professionnels reconnus ainsi que d'évaluations sérieuses. L'influence présumée exercée par une organisation de lobbying étrangère doit faire l'objet d'une enquête.

 

Considérant que la condamnation par anticipation des organisations concernées est inadmissible, et afin de limiter l'atteinte déjà causée à leur réputation, nous exigeons que les ONG auxquelles aucune infraction au code de conduite ou à la clause anti-discrimination du DFAE n'a pu être imputée à ce jour soient réhabilitées publiquement par le DFAE. Les mesures de réhabilitation et de réparation appropriées devront être discutées avec les organisations lésées.

 

Très cordialement,

 

AllianceSud

 

Forum pour les droits humains en Israël/Palestine

 

Frieda - Die feministische Friedensorganisation

 

Gerechtigkeit und Frieden in Palästina GFP

 

Gesellschaft Schweiz-Palästina GSP

 

Hilfswerk der Evangelisch-reformierten Kirche Schweiz HEKS/EPER

 

Ina autra senda - Swiss Friends of Combatants for Peace

 

Jüdische Stimme für Demokratie und Gerechtigkeit in Israel/Palästina JVJP

 

KOFF – Die Schweizer Plattform für Friedensförderung (Le KOFF signe la lettre au nom des membres de la société civile qui ont participé au processus d'élaboration. Pour des raisons évidentes, les deux membres gouvernementaux (AFM et DDC) n'ont pas été impliqués dans la rédaction de la lettre et celle-ci ne représente pas leur position.)

 

medico international schweiz

 

Bereich OeME-Migration der ref. Kirchen Bern-Jura-Solothurn

 

Palästina-Solidarität Basel

 

Peace Watch Switzerland

 

PeaceWomen across the Globe (PWAG)

 

Schweizerischer Friedensrat SFR

 

Les soupçons du DFAE sur onze ONG israéliennes et palestiniennes en grande partie infondés - rts.ch - Suisse

Update from Israel: Switzerland Halts funds to NGOs, Steinberg in Die Welt (Germany) (mailchi.mp)

Prise de position sur le rôle de la Suisse dans la guerre en Israël/Palestine 27.10.2023

Le travail important de défense des droits humains et de protection des populations civiles ne doit pas être entravé

 

Mercredi dernier, 25 octobre 2023, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) annonçait sa décision de suspendre son soutien financier à onze ONG palestiniennes et israéliennes «en raison de la nouvelle situation qui prévaut depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre et la reprise des hostilités au Proche-Orient»1 . Nous sommes convaincu.e.s qu’un tel affaiblissement d’organisations locales de défense des droits humains reconnues, actives dans la protection des populations civiles et partenaires de longue date de la DDC envoie dans le contexte actuel un très mauvais message. La préservation des droits humains est une priorité absolue compte tenu de la dernière escalade de violence. Les organisations partenaires de la DDC en Israël et dans le Territoire palestinien occupé sont régulièrement auditées et plusieurs d’entre elles ont récemment achevé un processus d'évaluation externe de leurs activités mené sur trois ans. Le rapport daté du 20 août 2023 est formel: “The evaluation team recommends that SDC continue its core support to these eight partners. These are good organizations doing excellent work.” («L’équipe d’évaluation recommande à la DDC de poursuivre son soutien de base à ces huit partenaires. Ce sont de bonnes organisations qui font un excellent travail.») 1

 

La décision du DFAE de suspendre le soutien financier accordé à onze ONG locales constitue une restriction supplémentaire pour une société civile déjà soumise à de fortes contraintes. Elle peut nuire à la réputation de ces organisations de défense des droits humains expérimentées et reconnues, et entraîner des risques supplémentaires pour leurs employé.e.s. La suspension des financements annoncée par la Suisse risque en sus d’envoyer un signal négatif aux autres organisations et donateurs qui soutiennent la société civile en Israël et dans le Territoire palestinien occupé, alors même qu’il n’existe actuellement aucun élément concret pour suspendre les financements. Nous appelons le DFAE à maintenir le financement des organisations partenaires locales de la DDC auditées en Palestine et Israël tant qu’aucun motif de suspension fondé n’est induit par un nouvel audit. L’appréciation des organisations de la société civile locale doit s’appuyer sur des critères factuels standard et des évaluations sérieuses. Il n’est pas concevable que des décisions soient prises ‘ad hoc’ suite à des pressions politiques.

 

Un cessez-le-feu immédiat et illimité est nécessaire

 

Lors de ce même mercredi 25 octobre 2023, la Suisse a appelé à la protection de la population civile en Israël et à Gaza devant le Conseil de sécurité de l'ONU, mais elle s'est abstenue lors du vote sur un projet de résolution de la Russie appelant à un cessez-le-feu immédiat. Au lieu de cela, la Suisse a voté pour un projet de résolution américain qui se contentait de préconiser des «pauses humanitaires». Cela n'est pas suffisant. Face à une catastrophe humanitaire sans précédent dans la bande de Gaza, un cessez-le-feu immédiat est nécessaire. Tout doit être entrepris pour éviter de nouvelles morts de civils en Israël et dans le Territoire palestinien occupé et garantir l’accès à une aide vitale à tous celles et ceux qui en ont besoin. Nous appelons donc le Conseil fédéral à plaider avec force en faveur d’un cessez-le-feu immédiat et illimité au sein du Conseil de sécurité de l’ONU

1: Lucid collaborative: «Promotion and Respect for Human Rights, Gender Equality, and International Humanitarian Law». External Evaluation of the Work of SDC Partners in Israel and the Occupied Palestinian Territories, 2021-2023.

Prise de position sur l’escalade récente de la violence en Israël/Palestine
12.10.2023

En tant que Forum pour les droits humains en Israël/Palestine, une alliance de 14 organisations suisses qui s’engagent dans le cadre du conflit du Proche-Orient pour la promotion d’une approche basée sur les droits humains, avec une moitié de ses membres actifs sur le terrain, nous exprimons notre inquiétude face à la dernière escalade de violence au Proche-Orient. Des actes de violence très graves allant à l’encontre du droit international et des droits humains sont à nouveau perpétrés, tant par le Hamas et ses alliés que par les forces de sécurité israéliennes. Les crimes tels que les massacres commis par Hamas ne sauraient aucunement être justifiés, et doivent au contraire être fermement condamnés. Nous nous opposons également très clairement à toute forme de déshumanisation dans les médias. Les attaques délibérées sur la population civile, ainsi que les attaques disproportionnées qui tuent ou blessent des civils, sont des crimes de guerre. Toutes les parties au conflit sont tenues de respecter le droit international et de tout faire pour éviter d’autres victimes civiles. Les civils pris en otage par le Hamas doivent être libérés immédiatement, sans condition ni atteinte à leur intégrité.

Les événements de ces derniers jours ne doivent pas être considérés isolément. Cela fait 16 ans que la population de Gaza subit un blocus qui l’empêche à dessein de mener une vie normale et dans la dignité. La situation humanitaire dans la bande de Gaza est catastrophique et n’offre aucune perspective.

L’occupation, l’expansion des colonies et la privation de droits infligée à la population palestinienne, que nombre d’expert·e·s des droits humains qualifient d’apartheid, sont aussi responsables de cette crise de longue date, de même que la tolérance de la communauté internationale vis-à-vis de toutes les violations du droit international, ou encore l’impunité générale dont jouissent leurs auteurs.

Revendications du Forum pour les droits humains en Israël/Palestine:

 

  • Nous demandons à l’ensemble des parties au conflit de mettre immédiatement un terme aux violences et de respecter les prescriptions du droit international humanitaire. La Suisse doit s’engager expressément en ce sens vis-à-vis des parties au conflit.

  • Nous saluons le fait que la Suisse ne remette pas en question l’aide humanitaire qu’elle destine à la région et appelons de nos veux une augmentation des fonds alloués à la réponse humanitaire au vu de l’aggravation de la situation. La Suisse doit également renforcer les organisations des droits humains et humanitaires israéliennes et palestiniennes et les protéger contre les mesures de répression exercées à leur encontre par le gouvernement israélien et diverses entités palestiniennes. La dernière escalade de violence fait de la garantie du respect des droits humains une priorité essentielle.

  • En outre, la Suisse doit s’engager pour que la Cour pénale internationale (CPI) relance les enquêtes sur les crimes de guerre commis en Israël/Palestine depuis 2015 et poursuive leurs auteurs. Il va de soi que la CPI doit également enquêter sur tout crime de guerre perpétré ces derniers jours, ce qui inclut la suppression de l’acheminement de vivres, médicaments et carburant dans la bande de Gaza où vivent 2,3 millions d’habitant·e·s. Le recours à la famine comme arme de guerre au dépend d’une population civile est un crime de guerre d’après le Statut de Rome.

  • Afin de privilégier une véritable résolution du conflit par opposition à une simple gestion du conflit, la Suisse doit s’engager pleinement pour mettre un terme à l’occupation israélienne. Seule cette voie mènera à une paix juste et durable pour les populations palestinienne arabe et israélienne juive en Israël/Palestine.

Speaking Tour +972 Magazine

 

Zürich, 22.6.2023

Bern, 24.6.2023

Webinar gegen Vertreibungen aus Masafer Yatta
27.6.2022 - 13h00

Zoomlink: https://us06web.zoom.us/j/85295733615?pwd=dTZHVHZsSmI3bGRKZm1CTnJ3WVQvdz09
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Pressestimmen zur Breaking The Silence Tour im März 2022:

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